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Atelier d’écriture n°10 : Ça m’agace

Pour ce dixième atelier d’écriture, le Journal d’Albion vous propose un petit exercice libérateur. A l’image des microfictions, dont nous avons déjà parlé lors de l’atelier d’écriture n°8, il s’agit aujourd’hui d’écrire un court texte sur ces moments de vie et du quotidien qui vous agacent ou vous énervent.

Après les maîtres de la microfiction Régis Jauffret, Philippe Delerm, ou encore David Thomas, penchons-nous sur les écrivains qui ont utilisé le genre de la microfiction et de la chronique pour raconter les choses qui les agacent. Jean-Louis Fournier et Marie-Ange Guillaume ont respectivement écrit Ça m’agace (éditions Anne Carrière) et Ça m’énerve (éditions Le Passage). À travers le souvenir, ces deux écrivains relatent dans de petits textes, très drôles et cyniques, les nuisances qui nous irritent tous.

Le principe est simple :

L’idée est de trouver un sujet qui vous énerve, qui vous irrite, qui vous rend nerveux. Pourquoi provoque-t-il chez vous autant de désagréments ? Quels sentiments ressentez-vous au plus profond de vous ? Et quelles en sont les conséquences : vous restez calme et bouillonnez intérieurement ou vous explosez ? Une fois toutes ces questions répondues, lancez-vous dans la rédaction de ce texte. Gardez à l’esprit qu’il doit être drôle (ou cynique !) et universel. Toute la réussite de cet exercice se trouve dans son universalité : une majorité de lecteurs doit pouvoir se sentir concerné, ressentir la même chose (ou presque) que vous. Il faut toucher la corde sensible, mettre en avant les sensations, et éviter justement d’utilise les termes “ça m’agace” et “ça m’énerve”…

Extrait de Ça m’agace de Jean-Louis Fournier :

“Je suis dans le TGV. […] Je devais être à Paris dans deux heures. C’était compter sans vous. Vous vous êtes jeté d’un pont et, comme vous deviez vous y attendre, nous train vous. a écrasé. Le train est arrivé avec cinq heures de retard. J’étais à 4 heures du matin dans un Paris désert, sans taxi, exténué. Je suis sûr que vous aviez de bonnes raisons de vouloir en finir. Les impôts vont augmenter, votre femme vous a quitté, votre patron est ignoble, vous avez reçu ce matin une contravention pour mauvais stationnement […] Vous comprendrez que nous, les braves voyageurs qui sommes restés plusieurs heures en rase campagne à cause de vous, ne soyons pas ravis. Pourquoi n’avoir pas choisi pour vous faire déchiqueter, un train de marchandises ?”

Jean-Louis Fournier, Ça m’agace, éditions Anne Carière, page 182
Extrait de Ça m’énerve de Marie-Ange Guillaume :

“En toute discrétion

Je fais la queue au laboratoire d’analyses médicales où j’ai mes habitudes, avec mon bidon de pipi de trois jours soigneusement planqué dans un sac en papier parfaitement opaque. À cette heure-là, avant le boulot, il y a affluence. Si bien que la jeune fille de l’accueil, qui me tient en grande sympathie, a la gentillesse de vouloir me faire gagner du temps. Elle hurle : “C’est pour les urines, madame Guillaume ?””

Marie-Ange Guillaume, Ça m’énerve, éditions Le Passage, page 27
Conseils :

Lors de l’écriture, quel que soit le sujet de vos écrits, faites appel aux sentiments, sensations et aux cinq sens. Faites revivre les souvenirs par les sons ou les odeurs. Votre lecteur sentira ou entendra à son tour ce que vous décrivez. Il entrera pleinement dans l’univers que vous lui présenterez…

Il est temps de se mettre à écrire. Si vous n’avez pas encore de carnet dédié, vous trouverez ci-dessous des carnets parfaits pour les écrivains en herbe. Et n’oubliez pas de venir régulièrement… À dans une semaine pour un nouvel atelier !

PS : Si vous voulez publier vos textes en commentaires de l’article pour vous entraidez, n’hésitez pas ! Je viendrai faire un tour de temps en temps aussi pour vous lire.

La publication a un commentaire

  1. Hélène HERAULT

    Vous êtes préssé. Ce matin encore, vous vous êtes jeté sans discernement dans la cacophonie du monde. Trop couvert pour dedans, pas assez couvert pour dehors. Vous avez mal dormi, mal à la tête. Vous vous rendez compte, mais trop tard, que vos vêtements sentent la friture d’hier soir. Vous avez encore oublié de réparer cette lanière de cartable, ou changer vos lacets, ou jeter ce mascara qui fait des paquets. Mais vous voici devant cette porte qui s’ouvre et se refermera dans les minutes, voire les secondes qui suivent. Parce qu’elle se refermera, c’est certain ! Elle s’en moque, cette porte, de vos états d’âme, des miens, des poussettes, des sacs à dos, des effluves de tabac dès le matin, des éclopés et des égoïstes. La porte va s’ouvrir ET se refermer. Entre ces deux actions, vous voudrez entrer et je devrai sortir. Vous VOUDREZ et je DEVRAI. Vu ?

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