Atelier d’écriture n°8 : la microfiction

Atelier d’écriture n°8 : la microfiction

Pour ce huitième atelier d’écriture, nous allons nous plonger dans l’univers de la microfiction. Encore plus courte que la nouvelle, la microfiction ne dépasse pas les deux pages. Elle raconte un moment de vie, un instant éphémère. Comme la nouvelle, elle se termine sur une chute. L’exercice n’est donc pas aussi simple, puisqu’il est celui de la concision et de l’efficacité.

En France, nous avons des maîtres de la microfiction. L’écrivain Philippe Delerm s’est fait connaître grâce à sa Première gorgée de bière, recueil de très courts textes sur des moments du quotidien. Régis Jauffret est également un amateur de la microfiction, puisqu’il a écrit deux recueils de 500 microfictions, qu’il a respectivement appelés : Microfictions et Microfictions 2018 (Gallimard). Avec Régis Jauffret, comme dans ses romans, ce sont les pires travers de l’homme qui sont mis en scène dans chacun de ces 1000 textes. Enfin, on peut aussi se tourner vers David Thomas, écrivain moins connu, mais extrêmement drôle et incisif. On vous conseille Le poids du monde est amour, où il nous parle de lui, des hommes, de l’amour, de la vie en somme.

Le principe est simple :

Cette semaine, le principe est simple. Vous avez deux possibilités. À la manière de Régis Jauffret, sur le sujet de votre choix, vous devrez écrire une microfiction, donc une courte nouvelle, qui ne devra pas dépasser deux pages. En cet espace si restreint, il faut donc mettre en scène un personnage, un lieu, une intrigue et une chute. Si vous préférez Philippe Delerm, l’essentiel n’est pas vraiment l’histoire, mais ces petites choses de la vie qui font notre quotidien. Des choses que vous aimez, qui vous touchent. Voici quelques extraits pour vous donner une idée.

Extrait des Eaux troubles du mojito de Philippe Delerm (Seuil) :

“Avec le mojito, on ne domine rien. La dégustation devient fascination, et c’est lui qui commande. Le plus étonnant est cette persistance du sucré dans une mangrove aux tons si vénéneux. On se laisse pénétrer par une fièvre froide, on s’abandonne. Au bout de cette errance glauque on sait que vont venir une chaleur, une euphorie.”

Philippe Delerm, Les Eaux troubles du mojito, Seuil, page 48
Extrait des Microfictions de Régis Jauffret (Gallimard) :

“— Les enfants mangent à la cantine à midi.

Le soir nous trouvons toujours quelque chose à leur faire grignoter. Le troquet de la rue Budin accepte de nous donner ses restes au lieu de les mettre à la poubelle. Il ferme le dimanche et le lundi, mais nous gardons en réserve du riz et des pomme de terre sur le rebord de la fenêtre. L’été le soleil pourrit tout, on essaie de les conserver à l’intérieur dans un plat posé au fond d’une bassine à moitié remplie d’eau froide que nous changeons le plus souvent possible. Nous habitons dans un coin du squat.”

Régis Jauffret, Microfictions, “Après-midi à la FNAC”, Folio, page 25
Conseils :

La concision est un art. Le genre de la microfiction demande d’aller droit au but, tout en propulsant le lecteur dans un univers bien particulier. L’une des manières est d’utiliser les mots les mieux adaptés à la situation, ainsi que les verbes les plus précis en fonction de chaque action. Evitez les “faire”, “être”, “avoir”. Evitez les actions inutiles. Soyez le plus juste. Et lorsque vous écrivez, n’oubliez jamais de prendre un dictionnaire à vos côtés, mais aussi un dictionnaire des synonymes, ainsi que ce petit livre fabuleux : Trouver le mot juste de Paul Rouaix, qui changera votre vie d’auteur.

Il est temps de se mettre à écrire. Si vous n’avez pas encore de carnet dédié, vous trouverez ci-dessous des carnets parfaits pour les écrivains en herbe. Et n’oubliez pas de venir régulièrement… À dans une semaine pour un nouvel atelier !

PS : Si vous voulez publier vos textes en commentaires de l’article pour vous entraidez, n’hésitez pas ! Je viendrai faire un tour de temps en temps aussi pour vous lire.

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