Vous consultez actuellement Journal d’écriture n°1 • Lire des manuscrits

Le journal d’écriture : qu’est-ce que c’est ? Un endroit où je vous parlerai de ma pratique de l’écriture, de la manière dont j’anime mes ateliers d’écriture, de mon expérience, de ce que je vois, de ce que j’entends. Ce que je lis, j’en parle déjà depuis très longtemps sur ce blog (et je vais continuer), donc je vous laisserai naviguer ailleurs que sur cette page. Chaque semaine, je vous écrirai ici, sur le Journal d’Albion, avec l’intention de vous écrire de manière bien plus personnelle que depuis ces dernières années. Vais-je enfin vous dire je ? On dirait bien.

Quand ai-je commencé à écrire ? Quand j’étais adolescente. Mon premier recueil de nouvelles est paru aux éditions Léo Scheer, lorsque j’avais 16 ans. Un peu plus de quinze ans plus tard, je suis toujours là, à parler d’écriture et à essayer de comprendre comment fonctionne la narration. Si j’en crois les centaines d’interviews d’écrivains lues ces dernières années, l’apprentissage n’est jamais tout à fait fini. Mais je voudrais vous dire comment j’ai commencé à apprendre. Et ce n’est pas quand j’étais adolescente. Ce n’est pas non plus avec mes premiers livres. J’ai commencé le jour où une grande maison d’édition m’a prise en free-lance pour devenir lectrice de manuscrits. Plusieurs années après avoir publié mon premier livre.

Lire des manuscrits pour un éditeur

Pendant des mois, chaque semaine, je me pointais en bas de la tour Montparnasse. Je montais les dizaines d’étages par cet ascenseur fascinant et arrivais chez l’éditeur en question. Dans un petit bureau, l’assistante d’une éditrice de littérature me confiait plusieurs manuscrits. Je devais lui rendre une fiche de lecture détaillée pour chacun d’entre eux. L’intrigue tenait-elle la route ? Les personnages étaient-ils incarnés ? Quid du style ? Et surtout, malgré un premier tri déjà effectué par un stagiaire : le manuscrit correspondait-il bien à la ligne éditoriale de la maison ?

Je peux donc déjà répondre à une question qu’on me pose souvent : oui, les éditeurs lisent les manuscrits. Certaines maisons payent même des gens pour les lire. Lire des manuscrits a réellement été le premier bond dans l’écriture. Lire ces textes qui n’avaient pas encore subi un travail éditorial m’a permis de comprendre ce qui ne fonctionnait pas et pourquoi. Quand on lit des romans, souvent, l’histoire fonctionne. Même si elle ne nous plaît pas, il y a une forme d’unité. Un éditeur est passé par là, il a supprimé les longueurs, les trous, corrigé les incohérences… Alors que dans un manuscrit brut, même s’il a été bien relu, il reste des tas de problèmes. Les décortiquer, c’est la première chose qui m’a ouvert l’esprit sur les grands enjeux de la narration.

Catégoriser les problèmes narratifs

Au-delà du fait de décortiquer, il m’a fallu catégoriser chaque aspect du manuscrit : l’intrigue, les personnages, le style. Le rangement de ces différents éléments (en points positifs et négatifs) m’a donné, au fil des semaines, une large palette de tout ce que l’on pouvait croiser en termes de narration. Pourquoi une intrigue fonctionne ? Pourquoi ces pages ralentissent le rythme ? Aurait-il fallu les enlever ? Pourquoi tel personnage n’a pas sa place dans l’intrigue ? Est-il assez approfondi ? Pourquoi ce décor a-t-il l’allure d’un fond vert ? Voir tout cela dans des manuscrits permet de poser le doigt sur les failles. De comprendre pour soi-même ce qu’il faudrait éviter et pourquoi.

En conclusion, si vous avez envie d’écrire, il vous faut comprendre les enjeux de la narration. Mes études de lettres ne m’ont pas appris ça. La lecture des manuscrits, si. Tapez aux portes des éditeurs pour devenir lecteurs. Entrez dans des clubs de bêta-lectures. Il y a en plein les méandres d’internet. Cela vous donnera l’opportunité de lire et d’être lu. Tout en travaillant à votre propre processus d’écriture.

Si vous souhaitez être accompagné dans l’écriture de votre roman, je vous propose des cours et ateliers d’écriture, ainsi que la lecture de vos manuscrits :