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En un an, l’écrivain Metin Arditi a fait paraître en librairie l’intégralité de sa Trilogie de Constantinople. En mars 2025, le premier tome, Le Danseur oriental, sort en librairie. Les deux derniers tomes suivent en octobre 2025 et avril 2026 : L’Espion d’Atatürk et Bosphore Tango. Avec cette trilogie, l’écrivain nous plonge dans une grande fresque de Constantinople de 1912 à aujourd’hui.

Comment construire une trilogie, en prenant exemple sur celle de Metin Arditi ?

Imaginer une fresque, qui s’étend sur plusieurs générations

À l’image de ce que l’on peut retrouver chez des écrivains comme Emile Zola, Honoré de Balzac ou encore notre contemporain Pierre Lemaître, Metin Arditi fait ce choix d’imaginer une galerie de personnages, dont il va pouvoir raconter l’histoire sur plusieurs générations. Chaque tome nous propose une époque. Le premier tome se concentre sur les années 1912-1935. Le deuxième tome reprend en 1935, jusqu’en 1955. Et le dernier tome nous entraîne de 1955 jusqu’à 2008. Chaque période déploie une histoire politique forte, et Metin Arditi l’humanise grâce à des personnages incarnés, représentatifs de leur époque. La trilogie de Constantinople nous plonge dans la grande Histoire, grâce à l’intimité de ses personnages. Imaginer cette fresque permet d’abord à Metin Arditi de nous expliquer le passage de l’Empire Ottoman à la Turquie que l’on connaît aujourd’hui. Tout en nous montrant que l’histoire d’un pays ne peut se comprendre qu’en revenant plusieurs décennies en arrière. Le passé a évidemment des conséquences sur notre présent.

Créer des personnages et un arbre généalogique

Au début de chaque tome, Metin Arditi nous rappelle l’arbre généalogique de ses personnages. Il évolue évidemment de tome en tome, avec la venue des personnages de la génération suivante. Cette technique est utilisée par de nombreux écrivains pour poser sur le papier les ramifications et les liens qui unissent tous les personnages. Dans les grands romans familiaux, vous apercevrez souvent des arbres généalogiques qui aident aussi le lecteur à ne pas se perdre au fil de sa lecture. Pour Metin Arditi, les personnages sont essentiels. Chacun a une personnalité, un destin, une quête. Et tous sont aussi le véhicule des intentions de l’écrivain. Cette grande trilogie nous parle d’une époque, de l’importance de la langue, de la culture d’un pays, tout autant que des différentes communautés qui la forment. Chaque personnage a une personnalité propre, qui permet à Metin Arditi de dresser une époque. On s’attache à eux, parce qu’ils ont une profondeur, une identité et qu’ils représentent tous une facette de cette grande histoire qui touche tant l’écrivain. Metin Arditi nous dit d’ailleurs à propos de ses personnages :

Quand j’écris, j’ai le sentiment que je ne dois pas les trahir.

Envisager une géographie et des déplacements

Chaque titre de chapitre nous présente le lieu et la date de l’instant raconté. Au fil des tomes, les lieux évoluent. Nous voguons de la Turquie, jusqu’à la Suisse. Metin Arditi crée aussi des lieux précis à l’intérieur de chaque ville, ce qui permet une réelle incarnation du décor. Il nous emmène du Grand Bazar de Constantinople, au Palais du Sultan, en passant par un internat à Lausanne jusqu’au bar d’un hôtel ou au Bosphore tango, un studio de danse. Les lieux sont liés aux personnages, et ils nous touchent, nous lecteurs, car nous y voyons l’évolution du temps. Cette grande trilogie construit une géographie pleine de détails. Tout est construit avec cette justesse qui nous permet d’entrer dans une histoire pleinement incarnée.

Se plonger dans une époque qui nous touche, en tant qu’auteur

Enfin, l’un des points essentiels pour construire une trilogie est aussi l’attachement que l’auteur porte à son sujet. Écrire une trilogie qui s’étend sur presque 1000 pages demande à l’auteur une rigueur dans la construction, mais aussi une passion sans relâche pour l’histoire qu’il raconte. Choisir un sujet qui nous touche est la meilleure manière de tenir sur la longueur. Metin Arditi est parti à 7 ans de Turquie. Écrire cette trilogie a été une manière pour lui de renouer avec ses racines et de découvrir le pays de son enfance. Au gré de plusieurs voyages sur place, il a pu découvrir des lieux emblématiques. Il a pu se souvenir des odeurs, des bruits, pour retranscrire ses sensations au plus juste. Nous laisserons d’ailleurs les derniers mots à Metin Arditi, qui nous dit à propos de sa trilogie :

On ne lâche pas sa terre natale.

Et :

Il y a de moi dans tous les personnages.

Référence : Tome 1 : Le Danseur oriental, Tome 2 : L’Espion d’Atatürk, Tome 3 : Bosphore tango. Les trois tomes sont disponibles en librairie, et sont tous parus chez Grasset.

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